Survie et télé-réalité : regards croisés entre mon aventure et celle de Léa, gagnante de Koh-Lanta 2024
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Pendant longtemps, la télé-réalité d’aventure a été présentée comme un terrain « réservé » aux hommes : muscles, survie, stratégie… Pourtant, saison après saison, les candidates prouvent qu’elles sont tout aussi capables de briller, de dominer et d’inspirer. Et dans cette nouvelle génération, il y a deux femmes qui ont bousculé les codes : Léa, gagnante de Koh-Lanta, et moi, passée par une autre aventure tout aussi médiatisée, dans un univers où l’on devait déjà se battre deux fois plus pour être prise au sérieux.
Aujourd’hui, on croise nos expériences pour raconter ce que c’est vraiment d’être une femme dans un jeu télé où tout le monde vous attend au tournant.
Léa est une aventurière française révélée par Koh-Lanta, où elle s’est imposée comme l’une des candidates les plus complètes de son édition.
Calme, intuitive et redoutablement résistante, elle a marqué son aventure par sa lucidité, sa solidarité et sa force mentale — jusqu’à décrocher la victoire.
Depuis son sacre, Léa continue d’inspirer par sa simplicité, son humilité et son discours sur la puissance féminine dans les jeux d’aventure.
Quand deux aventures racontent la même chose : être femme à l’écran, c’est déjà un combat
Qu’on soit sur une île en train d’allumer un feu avec deux pierres ou dans une maison de tournage où tout est amplifié par les caméras, une chose ne change pas :Être une femme dans un jeu télé, c’est devoir se justifier plus que les autres.
Léa et moi venons de deux univers télévisuels différents.
Elle, c’est la survie, le froid, la faim, la stratégie silencieuse.
Moi, c’était l’exposition, les interactions humaines intenses, la pression sociale permanente.
Mais au fond, nos deux parcours se rejoignent :on nous attend au tournant, on nous sous-estime parfois, on commente notre personnalité avant même d’écouter ce qu’on a à dire, et souvent, on doit être deux fois plus solides pour être jugées “à égalité”. Ce que Léa a prouvé dans Koh-Lanta : la force féminine ne fait pas de bruit, mais elle tient plus longtemps
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Paroles d’aventurière
Pendant ton aventure, à quel moment as-tu senti que ta force n’avait rien à envier à celle des hommes ?
« Le jour où tout le monde était épuisé. Je l’étais aussi, mais je voyais que mentalement j’étais encore là, encore concentrée. Là j’ai compris que la force ne se mesure pas qu’aux muscles. »
Tu as senti que les femmes devaient prouver plus dans un jeu comme Koh-Lanta ?
« Oui. Parfois, on te range vite dans la case ‘moins capable’. Ça motive encore plus à montrer que ce n’est pas vrai. Et souvent, les femmes tiennent mieux que ce qu’on imagine. »
Quel a été ton déclic mental pour tenir quand tout semblait trop dur ?
« Penser au chemin parcouru. Dire stop à la petite voix qui te fait douter. Quand j’ai réalisé que je pouvais compter sur ma tête autant que sur mon corps, tout a changé. »
Une phrase pour les femmes qui hésitent à se lancer dans un défi extrême ?
« N’attendez pas qu’on vous valide. Lancez-vous. C’est en faisant le premier pas que vous comprenez de quoi vous êtes vraiment capable. »
Ce que nos aventures disent des femmes d’aujourd’hui
Ce parallèle entre son aventure et la mienne montre une évolution claire :
Les femmes ne sont plus là pour “faire joli dans le casting”.
Elles dominent des épreuves physiques autant que sociales.
Elles jouent stratège sans se renier.
Elles assument leur sensibilité comme une force, pas une faiblesse.
Et quand elles gagnent, ce n’est jamais un hasard : c’est de la compétence.
Les programmes changent, c’est vrai.
Mais ils changent parce que les femmes qui y entrent prennent leur place sans la demander.
La féminité n’est pas un handicap c’est une puissance
Sur une île, dans un huis clos télévisé, ou dans la vraie vie, les femmes prouvent chaque jour que :la force n’est pas ce qu’on montre, c’est ce qu’on endure. La stratégie n’est pas ce qu’on proclame, c’est ce qu’on construit en silence. Le courage, ce n’est pas lever une machette — c’est oser être soi-même sous le regard de tous.
Merci à toutes celles qui bousculent les clichés, une aventure à la fois.
Réponse de Léa
Pendant ton aventure, à quel moment as-tu senti que ta force n’avait rien à envier à celle des hommes ?
Franchement ? Jamais je ne me suis comparée aux hommes, ni dans la vie, ni sur l’île.
Pour moi, la survie et les épreuves n’ont pas de genre, j’ai vu des mecs flancher avant des filles, et des filles tenir plus fort que tout.
Donc ce n’est pas un “moment” où j’ai compris que j’étais légitime : je l’ai toujours su. Là-bas, ça s’est juste confirmé.
La capacité, c’est une question de mental, pas de muscles.
On dit souvent que les femmes doivent “prouver plus” dans les jeux d’aventure. Tu l’as ressenti comment, toi, sur l’île ?
C’est une réalité, pas seulement sur l’île, mais partout.
On te juge d’abord au physique : “Est-ce qu’elle a l’air sportive ? Est-ce qu’elle va tenir ?”
Et si tu ne corresponds pas au cliché de l’aventurière, tu dois montrer qui tu es.
Dans un jeu de survie, c’est encore plus vrai parce qu’on imagine moins les femmes dans un contexte hostile… alors qu’en vrai, j’en ai vu des hyper solides, mentalement comme physiquement.
Oui, j’ai dû prouver que je savais faire du feu, construire, organiser, inventer, survivre.
Pas pour écraser qui que ce soit, juste pour montrer de quoi j’étais capable.
Et la vérité, c’est que sur Koh-Lanta comme dans la vie, les clichés tombent vite quand on voit les femmes à l’œuvre 💪😁
Quel a été ton déclic mental celui qui t’a fait tenir quand tout le monde craquait ?
Mon déclic, je ne l’ai pas eu sur Koh-Lanta. Je l’ai eu dans la vie.
J’ai grandi avec deux frères, j’ai toujours avancé sans regrets, et j’ai toujours appris à puiser ma force dans mes tripes.
Je n’ai pas besoin que les autres craquent pour tenir : la fragilité des autres ne me donne aucune “force en plus”.
Je ne m’élève jamais sur la faiblesse des gens, ce n’est pas ma façon d’être.
La force, je la trouve en moi, point.
Et ce que j’aime par-dessus tout, c’est avancer ensemble.
Si je peux tirer quelqu’un vers le haut, ou si quelqu’un, homme ou femme, me tire vers le haut à son tour, c’est encore plus beau.
Une victoire en solo n’a pas la même saveur qu’une victoire partagée.
C’est ça qui me porte : la difficulté, le dépassement, et le chemin qu’on construit à plusieurs.
Si tu devais dire une seule phrase aux femmes qui hésitent à se lancer dans un défi extrême : laquelle ?
J’aurais envie de leur dire d’arrêter de douter et d’arrêter de se comparer. Tant qu’on ne tente rien, on ne sait pas ce qu’on vaut.
Commencer, c’est déjà une victoire. On tente, on s’améliore, on vit une expérience qui ne pourra jamais nous laisser de regrets.
Pour moi, le seul vrai échec, c’est de ne jamais essayer.
Alors lâchez les questions, allez-y, et peu importe le résultat, il y a forcément du positif à en tirer.